NO LOVE LOST

24.12.11

I have moved.

Enfin, je crois.

L'adresse de mon nouveau refuge, sur demande uniquement.

Merci de votre attention. Sincèrement.

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04.12.11

PS

Posté par Adamantine à 12:20 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
31.10.11

You Can Holler You Can Wail You Can Swing You Can Flail.

Je vois lentement le bout du truc que j'ai amorcé en me barrant il y a un peu plus de trois mois et j'en viens presque à me demander si je ne suis pas trop vieille pour ce genre de conneries, tellement ça me fait chier ces formalités qui accompagnent un déménagement, notamment quand on est pauvre.
Je sais que ça aurait pu être pire, qu'il y a des gens qui trouvent que je m'en sors bien et d'autres à qui j'ai pu faire croire que je ne galérais pas du tout, jamais, et qui n'y ont vu que du feu. Effectivement, ça aurait pu être largement pire.
La bonne nouvelle c'est que je travaille le jour de Noël, ce qui m'évitera de réfléchir trop longtemps au fait que je suis toute seule et que c'est qu'un mauvais moment à passer. Sans vouloir larmoyer trop longtemps, c'est vrai que j'ai un peu les boules.
Mais contrairement à ce que ce préambule pourrait laisser croire, ça va plutôt bien. Dans le sens où ça aurait pu être largement pire, certes, mais aussi dans le sens où même si ça prend du temps pour ramasser, globalement je suis plutôt contente de ne pas être une personne qui choisit systématiquement la facilité et le confort. Je remonte un peu dans ma propre estime, pour changer. J'ai moins peur de gâcher ma vie en m'engageant sur les voies les plus simples parce que j'ai la flemme ou la trouille de chercher autre chose.
Du coup j'ai peur de faire les mauvais choix et de me planter magistralement. Ça équilibre.

À propos de ce qu'on va joliment appeler ma situation sentimentale, c'est toujours plus ou moins confus.
Le jour où on se sépare de quelqu'un après aussi longtemps, on s'aperçoit du nombre de choses qu'on avait fini par intégrer à son identité pour la seule raison que c'étaient des choses qu'on avait en commun avec l'autre personne. On a fusionné avec l'autre personne façon diagramme de Venn, et quand on en vient à s'arracher brutalement on se retrouve quatre-vingt pour cent de soi-même, et les vingt pour cent qui restent sont à reconstituer avec autre chose, à combler en attendant pour ne pas que tout l'édifice se casse la figure. C'est pas facile.
D'un côté je trouve que l'acuité de ça s'estompe vite. De l'autre je sais que sous la surface ça prend un temps fou pour faire repousser les os, et je parle même pas des organes. Des fois je me trouve immonde à foncer tête la première dans les murs.
Je pense souvent à cette réplique de Charlotte dans Sex & The City (et je vous mets au défi de contester la légitimité de ma référence) qui estimait qu'il fallait la moitié de la durée de la relation pour s'en remettre une fois que c'était fini. Ouais. La moitié de quatre ans.
Dans ce contexte, c'est pas évident de commencer quelque chose de nouveau, quelque chose qu'on veut faire marcher, et qui n'a peut-être pas commencé de la manière la plus élégante qui soit. Et je me débats toujours avec l'idée complètement incroyable parfois que cette personne est la même que celle que je connais depuis des années, et que je considérais de loin, comme quelqu'un qui peut-être, si.

Je ne sais toujours pas à quel degré je suis une ordure.
J'essaie de devenir quelqu'un de bien, vraiment, mais ce n'est pas facile de lutter contre ses instincts.
Je suppose que la seule manière pour une personne de me faire changer serait de s'immoler avec courage et résignation, histoire que je sois tellement touchée par la compassion face à cet être sans défense que je n'oserais pas porter un seul coup.
D'un autre côté, je vois ce que ce genre de technique a donné par le passé, et si ça peut servir de référence à quoi que ce soit, alors mieux vaut ne pas tenter le coup parce que je suis bel et bien une ordure.

À part ça jour férié oblige, si demain je veux arriver à l'heure au boulot il faudra que je parte de chez moi vers 05:50, donc je vais pas trop tarder.

Posté par Adamantine à 21:23 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
15.10.11

I don't eat, I don't sleep.

J'ai pas trop le temps pour grand-chose ces derniers temps.
Ça fait du bien. Entre le fait de faire des trucs et celui de ne pas avoir le temps de penser, ça fait vraiment du bien.
J'ai peur de devenir une de ces personnes fantômes, qui ont une petite place quelque part mais qui au fond ne manqueraient à personne si elles disparaissaient. Les personnes qui ne sont pas spécialement proches de leur famille, qui n'ont pas vraiment d'amis. Les personnes comme moi, relativement transparentes. Ces personnes qu'on voit dans les films parfois, des serveuses, ce genre là. Qui ont déménagé il y a des années pour se retrouver seules dans la grande ville, plus indésirables qu'autonomes. Arturo Bandini. Ces personnes que personne ne rechercherait sérieusement et qu'on retrouverait six mois plus tard, découpées en tranches dans un fossé -- et personne ne serait jamais en mesure de les identifier.
Ça fait bizarre de perdre le fil de sa vie, de se retrouver à devoir valider une étape imprévue, on ne sait pas pourquoi.
Je sais pas trop ce que je fous là.
Petite vie. Cat lady.
Tout a beau me paraître complètement logique quand j'y réfléchis deux minutes (ne pas avoir mon concours, me remettre en question, en conclure que je ne peux plus rester à Paris, partir, ne pas savoir quoi faire, prendre une année sabbatique), quand je vois que je me retrouve là sans diplôme sérieux à faire un boulot de merde en attendant, il faut que je fasse un effort conscient pour me rappeler que ce n'est pas ça un renoncement -- renoncer ça aurait été, au contraire, opter pour un plan B minable et finir dans un boulot tout aussi merdique mais nettement plus permanent.

Je travaille pour ces gens-là.
Je fais des traductions pour l'ONU.
J'habite à Villeurbanne.
Je sors avec quelqu'un de nouveau et c'est compliqué parfois.

Les visites sur ce blog se sont nettement réduites depuis que le rythme des mises à jour a ralenti, mais je sais grâce aux statistiques de Canalblog qu'il y a encore quelques personnes qui passent régulièrement. Ça me ferait plaisir d'entendre parler de vous. Y a un lien qui s'appelle "Contactez l'auteur" en bas de la colonne de droite.

Desire · Under Your Spell

Posté par Adamantine à 21:58 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
15.09.11

Birthday Girl.

LauraPalmerBlood

I'LL BE THE BIGGEST STAR
BABY IN YOUR SKY
RUN DOWN YOU JAGGED
SCREAMING NAKED AND BLIND
I'LL BE THE BIGGEST KNIFE
BABY IN YOUR BACK
I'LL BE THE BIGGEST DICK
THAT YOU EVER HAD

     Une rubrique du manuel avec lequel je me branle la cervelle conseille de changer la manière dont on écrit dans son journal. Par exemple, en faisant des listes de noms pour évoquer sa journée.

Try making lists for a diary entry -- just a record of the nouns of that day: toothbrush, subway tokens, schoolbooks, gym shoes.

      Je me suis mise à faire ça. Dix mots par jour. C'est un bon exercice. Dans mes listes y a des noms de livres et de séries, de la bouffe et deux ou trois trucs abstraits comme "mélancolie" ou "attente". Entre les sacs de courses, les capotes et les candidatures spontanées, ma vie est une suite d'objets inintéressants.
     L'avantage d'être exilée au bord de quelque chose que je connais même pas (c'est comme ça que je vois ma vie ces temps-ci) c'est que je commence à voir un peu plus clairement de quoi ma vie aura (aurait) l'air dans quelques années. Parce que comme tout le monde j'ai pensé à un moment de ma vie que je ne voudrais jamais travailler dans un bureau, mais je ne sais pas si j'ai un petit peu plus de tripes que la plupart ou si les gens sont juste massivement d'énormes cons (la deuxième solution), le fait est que la plupart des gens que j'ai connus dans mes études vont finir par faire profs, d'entre tous les métiers chiants à crever qui existent. Et un prof, non seulement c'est derrière un bureau, mais c'est le plus souvent debout derrière un bureau. A essayer d'éviter les balles. Et le métier de prof en plus d'être chiant c'est épuisant, j'en sais quelque chose et je ne l'ai jamais été qu'à mi-temps. Des gens qui n'avaient même pas la vocation, qui ont toujours détesté les gamins, qui se détestaient eux-mêmes quand ils étaient ados parce qu'ils pouvaient pas sentir les ados. Profs. Qu'ils rigolent bien dans leur vie de merde, bande de connards.
     Le fait est que l'idée commence à s'insinuer dans ma tête que quand je crèverai la dalle en tant que traductrice ma vie ne sera pas très éloignée de celle que je vis en ce moment. A part que j'aurai du travail. Enfin, plus ou moins. Ma vie sera plus ou moins la même dans le sens où j'aurai toujours plus ou moins à faire la pute (au figuré, pour le moment) pour qu'on me file un peu d'argent. Dans le sens où je me réveillerai probablement en milieu de matinée mais surtout quand je veux, où je ferai probablement mes petites courses et mon petit ménage, où je regarderai sûrement le dernier épisode de Questionable Content tous les jours avant de commencer à faire des trucs. Dans le sens où j'aurai une petite vie rangée de cat lady. Où je travaillerai devant mon ordinateur. Bien au fond de ma tête, en permanence. Ma musique, mon petit bureau familier, mes recharges de thé et de café plusieurs fois dans la journée. En permanence. Le mur du fond, avec ses pages de vocabulaire d'espagnol collées à la Patafix, le mur du fond comme horizon. Je suis une cat lady. Et j'ai même pas (encore) de chat.
     Et c'est en écrivant ça que je me rends compte que tout vaut mieux, y compris crever la dalle tandis qu'on est jeune -- que tout vaut mieux, absolument tout, mieux que la vie de bureau, l'esprit d'entreprise ou je sais pas quoi. Que tout vaut mieux que de devenir adulte et définitif quand on n'a pas trente ans. Que d'avoir la trentaine ça doit être comme la vingtaine, à savoir plutôt long, et que c'est pas vraiment la peine de commencer en avance.
     Parfois je tape de petites périodes de sévère déprime. La plupart du temps je me dis, Si j'étais un employeur je voudrais pas de moi non plus. Je sais pas si je m'y prends comme un manche ou quoi, mais en tout cas ça me laisse le temps de mater Gilmore Girls, de lire Sylvia Plath, et de réfléchir un peu (de loin, parce que j'ai peur) à mon avenir.
     L'idée pour l'instant c'est d'obtenir un M2 de quelque chose, proabablement de traduction, l'année prochaine. A Paris ou à Angers, parce que ce serait quand même plus facile de vivre à Angers, étant donné que vu comme c'est parti je risque d'économiser zéro euro cette année. Après, idéalement je postulerai pour les USA, je partirai un an là-bas, et je reviendrai pour faire la traductrice. Ce qui veut dire que j'entrerais pour de bon dans le marché du travail, par une porte un peu moins petite, dans trois ans. J'aurais vingt-six ans. Je me rappelle avec une horreur diffuse de qui j'étais il y a trois ans (au début de ma troisième année de fac, déprimée, persuadée que c'était ce que serait ma vie pour toujours, parce que c'était ma vie depuis toujours) et j'essaie pas trop d'imaginer qui je serai dans trois ans, parce que c'est pas trop possible.
     Cat lady.
     Le problème de n'importe quelle vie, c'est qu'elle finit toujours par devenir confortable. Comme n'importe quelle merde, au début ça dérange, mais quand c'est la sienne, de merde, on finit par s'y habituer.
     Dans quelques minutes j'aurai vingt-trois ans.

Posté par Adamantine à 23:44 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]